Agnes Varda | Belkacem Boudjellouli
Portraits d’artistes - cheveux sous verre 50x50cm
J’utilise mon corps comme fourniture, comme lieu de transformation et présence…
Avec mes cheveux, j’ai réalisé les portraits de certains artistes dont j’admire le travail, cette série continue de se déployer au fil du temps et des rencontres…
Dessin, de la trace au tracé, mes cheveux fourniture du trait
Le dessin est défini de façon classique comme une technique consistant à tracer sur une surface plane, au moyen d'outils appropriés, des traits destinés à donner une représentation plus ou moins exacte de la réalité, ou des figures décoratives, géométriques ou abstraites.
En relation avec une réalité contemporaine, en revisitant cette notion « classique » du dessin et en utilisant mes cheveux comme trait de dessin, j’invente une nouvelle utilisation du corps comme fourniture du tracé.
La trace d’une présence corporelle humaine peut être remarquée dans une salle de bain en voyant des cheveux dans un lavabo ; c’est d’ailleurs, en jouant avec mes cheveux tombés dans la douche que m’est venu l’idée de les installer et de les substituer aux traits de crayon.
Résidus corporels, substances temporelles
Mes cheveux, ni arrachés, ni coupés, sont récoltés tous les jours, ils deviennent des traits de dessin tout prêts. Le cheveu comme un bio-ready-made.
La longueur du cheveu exprime son temps de vie, le corps matérialise donc ces traits de dessin au fil du temps.
On a retrouvé dans des fouilles archéologiques des chevelures qui ont traversées les siècles, c’est un des résidus corporels qui se conservent le mieux avec les os.
Intégration du point de vue du regardeur dans l’existence de l’œuvre.
Ces dessins de cheveux prennent en compte l’espace réel en proposant plusieurs étapes de lecture : De l’invisible au visible.
De loin, les cadres semblent vides et de près dans un espace plus intime, les dessins apparaissent.
Véhicule des émotions liées à la fragilité de la vie
En s’approchant de ces dessins, ces cheveux ressemblent à des fils suspendus
La question qui m’est souvent posée est « comment ça tient ? »
On voit que ça tient et on ne voit pas comment!... Inutile de donner la recette ou le truc puisque c'est justement ce constat exprimé par le regardeur : on voit que l'on ne voit pas. Ce qui est donné à voir est cette question même : A quoi ça tient ? A quoi ça tient la vie ?! A un cheveu ?
Vivant, mort, recyclage, bio-ready-made,
J’utilise ces résidus corporels, en relation avec le processus naturel de chute, de pousse, qui renvoie au renouvellement continuel des cellules du corps et à une idée : un clonage perpétuel de soi.
Transformation continue, création permanente : je suis fascinée par le vivant.
C’est avec ce recyclage de cheveux morts que je cherche à produire un dessin vivant.